Côte d’Ivoire : la candidature d’Alassane Ouattara, « cas de force majeure » ou « combat de trop » ?

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Alassane Dramane Ouattara espérait laisser à la postérité l’image d’un économiste bâtisseur qui avait pacifié la Côte d’Ivoire après une longue crise meurtrière : sa candidature à un troisième mandat, contestée par l’opposition, risque fort de ternir son image.

Alors qu’il avait clairement laissé entendre depuis plusieurs années qu’il ne ferait pas de troisième mandat, et après avoir publiquement passé la main à son premier ministre Amadou Gon Coulibaly, représentant à 61 ans la « nouvelle génération » selon lui, M. Ouattara, 78 ans, a finalement « reconsidéré sa position » après le décès subit de son dauphin, invoquant un « cas de force majeure ».

Pour le politologue ivoirien Jean Alabro, « Ouattara livre le combat de trop : le passage en force sur la Constitution et sur les conditions du scrutin ne présage rien de bon ».

« Un technocrate sans âme »
Pour justifier sa décision de se représenter, le chef de l’Etat a avancé un argument souvent répété par le parti au pouvoir, invoquant « le risque que tous nos acquis [depuis 2011] soient compromis » et que « notre pays recule dans bien des domaines ». Car il se targue d’avoir redressé la Côte d’Ivoire, meurtrie par une décennie de crise dans les années 2000. Sous ses deux mandats, le pays a connu une croissance économique record, saluée par la communauté internationale.

« Pendant mes neuf années de gestion, nous avons placé la Côte d’Ivoire sur une trajectoire irréversible de développement. Nous avons pacifié le pays, ramené la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire », a-t-il souligné dans son discours, jeudi 6 août, vantant l’économie ivoirienne comme « l’une des plus dynamiques au monde ». Selon lui, « 4 millions d’Ivoiriens sont sortis de la pauvreté » entre 2011 et 2018.

Mais ses détracteurs critiquent un « technocrate international sans âme », sans volonté sociale et ayant instrumentalisé la justice contre ses opposants, échouant à réussir la « réconciliation » après la crise des années 2000. L’opposant Pascal Affi N’Guessan, candidat à la présidentielle d’octobre, a récemment dénoncé une « croissance appauvrissante » de l’économie ivoirienne engendrée par M. Ouattara pour souligner son manque de portée sociale.

En 2011, le président Laurent Gbagbo ayant refusé de reconnaître sa défaite dans les urnes, Alassane Ouattara était arrivé au pouvoir par les armes, grâce au soutien de l’armée française, ancienne puissance coloniale, et de la rébellion du nord. Il avait hérité d’un pays scindé en deux depuis 2002, aux tensions intercommunautaires à fleur de peau, à l’économie minée par les violences et les sanctions internationales.… suite de l’article sur LeMonde.fr

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