Tenues scolaires: Et si nous valorisions nos pagnes ?

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Elles ne sont pas seulement un branding, elles sont aussi une marque d’identification d’élèves africains. Un symbole de l’égalité entre ces apprenants. Mais elles peuvent être bien plus. Une autre clé de voûte du développement ivoirien et du continent. Tenues scolaires : et si nous valorisions nos pagnes…

L’uniforme scolaire est une obligation dans plusieurs établissements en Afrique. Mais pour la plupart des cas, ces tenues sont confectionnées avec du tissu importé, laissant en rade le pagne local. Aujourd’hui, des parents d’élèves et certains jeunes Africains estiment qu’il est temps de valoriser la consommation locale, afin de promouvoir le développement du textile africain. « En Côte d’Ivoire, au temps du président Félix Houphouët-Boigny, c’est le port des pagnes locaux qui existait.

Les filles et les garçons étaient tous coiffés de la même manière », se souvient le commerçant malien Mamadou Kamara, âgé de 65 ans, estimant que les Africains copient trop les Occidentaux. À en croire ce parent d’élèves, rien n’est plus beau que de voir les écoliers habillés en pagne africain, prenant l’exemple du Burkina où le port du Faso Dan Fani en milieu scolaire, avait fait l’objet d’un salon international présidé par le chef de l’État, Roch Marc Christian Kaboré, dont le but était de promouvoir le domaine du textile à travers l’instauration de tenues traditionnelles dans les établissements.

UNE VOLONTÉ NOBLE POUR UN DÉVELOPPEMENT DURABLE

L’absence de moyens d’accompagnement dans l’industrie textile pèse énormément sur l’accessibilité des tissus locaux, dont le nécessaire pour la confection d’une tenue scolaire avoisine 5 000 – 6 000 F CFA pour le pagne Baoulé de la Côte d’Ivoire ou le Dan Fani du Burkina Faso, contre 2 000 F CFA pour le kaki. L’amour pour le pagne local a ainsi beau brûler le coeur des parents d’élèves, ils préfèrent de loin le kaki surtout que le total (achat de tissu + confection) leur revient à près de 3 500 F CFA. Selon les tisserands burkinabé, la cherté du pagne local sur les marchés est due en partie au coût élevé des matériaux. Ils achètent le rouleau de fil à 2 000 FCFA auprès de la Filature du Sahel, la seule usine du pays.

Lorsqu’on ajoute à cela les autres frais de production, à savoir la teinture et la main d’oeuvre, « le pagne ne peut pas être vendu à moins de 5 000 F CFA », ont expliqué les dirigeants de la Fédération nationale des tisserands. Pour l’étudiant Laye Diaw, il est important d’instaurer le port du pagne local dans nos écoles. Si l’uniforme scolaire fait partie intégrante de la culture de certains pays, cela s’explique par ses nombreux avantages. Diaw affirme que la tenue africaine permet d’effacer les inégalités sociales et de mettre tous les élèves à égalité. Poursuivant, il souligne que certains élèves sont parfois exclus, car ils n’ont pas les derniers vêtements à la mode. Le pagne africain, disponible partout, permet au contraire d’accroître le sentiment d’appartenance et de favoriser l’intégration.

Au-delà de l’aspect de la beauté, instaurer le port des pagnes africains dans nos établissements, est un appui confortable pour l’économie nationale. « Nous devons passer du slogan à la réalité. Le consommer local, tant du point de vue de la production des denrées alimentaires que des produits artisanaux est moins onéreux », soutient Pape, agent dans un centre d’appel. La Côte d’Ivoire pays cosmopolite, frontalier au Burkina Faso, possède une diversité de tissus locaux tels que le pagne Baoulé, Sénoufo, Yacouba, Dida, Gouro entre autres, dont le processus de fabrication reste encore artisanal.

Les politiques publiques pour la promotion de ces valeurs du continent africain manquent encore. L’industrie vestimentaire est inondée par les fripes autant que le secteur automobile. Enfoncée dans ces amas, la créativité locale imprégnée depuis des lustres par une vision économique fondée sur une production durable et écologique, peine à se frayer un chemin face à des puissants hommes d’affaires.

Maurelle Kouakou (Esprit Magazine)

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